Des hommes et des femmes de bonne volonté. Le noyau d’origine du projet est donc passé à trois puis quatre puis dix puis plusieurs dizaines de personnes...
Des bénévoles Le « deux » d’origine du projet est donc passé de deux à trois puis quatre puis dix puis plusieurs dizaines de personnes... Pierre, architecte, a toujours suivi de près les recherches d’usines, puis la faisabilité du projet envisagé à Roussillon ; il a été en équilibre sur les toits pour mener la cordée de récupération des tuiles plates marseillaises, il a chargé des machines sur des camions, et il est toujours là aussi pour relire des plans ou corriger des documents. L’été 1996, Jean-François Cartoux, maçon et roussillonnais, a passé ses congés à rebâtir le four assisté d’Arthur, étudiant, venu jouer l’apprenti. Elie Icard, ancien ouvrier puis contremaître de l’usine Mathieu, est venu cuire l’ocre et participer aux observations, son petit-fils l’a filmé, puis l’ethnologue a recueilli son témoignage précis et précieux, longuement, des heures durant. Des hommes de quart ont proposé leurs services, Gérard, Bernard, et d’autres, pour surveiller les cuissons nocturnes, quand les bonnes volontés des premières heures s’assoupissaient. Georgette et Francine ont préparé les artichauts marinés et les choux farcis du repas romain… Un annuaire entier ne suffirait pas à faire l’inventaire de toutes les contributions qui ont mené et mènent toujours cette aventure culturelle à bout de bras. Des amis amusés, des parents bienveillants, des roussillonnais, natifs ou d’adoption, attachés au patrimoine, des artistes émus par le site, des passionnés d’une technique ou d’un matériau, des intellectuels curieux de l’initiative… Pour peu que le signal d’appel soit lancé, il y en a toujours quelques uns prêts, comme on dit en Provence, à donner la main.
Des dames et des ogres de Roussillon Si vous les croisez dans le village, ne prenez pas peur, vous ne les reconnaîtrez pas de par leurs grandes dents ou de longs couteaux. Ils arboreront plus vraisemblablement un tablier brodé aux armes de leur association spontanée, destinée à ravir les papilles et les cœurs des convives rassemblés pour quelque occasion à Roussillon. Tous ont rejoint la bannière des hommes et des femmes de bonne volonté, qui n’ont d’autre intérêt que celui de partager un moment de plaisir en se rendant utile à la communauté. L’histoire a commencé avec une fête de la science dédiée aux techniques médiévales, où quelques personnes ont entrepris de sérieuses recherches autour du safran. Des bassines de teinture aux gamelles de cuisine, il n’y avait qu’un pas à franchir qui s’appuya sur les publications du CNRS pour aboutir à un repas mémorable. Depuis les Dames ont épluché, pétri et cuit sur le thème de l’antiquité, du broyage et de la granulométrie, des colorants alimentaires, à tel point et avec tel succès que les ogres les ont rejoint.
Des élus Une catégorie particulière de bénévoles mérite une mention particulière. Ce sont les élus municipaux que le suffrage universel charge d’un bénévolat à responsabilité parfois illimitée et souvent à temps plein. Les côtoyer au jour le jour enseigne l’ampleur et les effets des lois de décentralisation. Les missions sont multiples et de haute technicité juridique ou administrative ; leur formation se fait néanmoins sur le tas. L’ancien maire, Jean David, qui avait soutenu notre démarrage, devait passer le relais. Parmi les dossiers légués à Alain Daumen, nouveau maire de Roussillon (1995-2001), celui de l’Usine Mathieu fut transmis avec des recommandations appuyées. Il fallut quelques semaines d’incertitude sur l’opinion des nouveaux élus avant de s’installer dans une collaboration devenue finalement extrêmement efficace. A ce jour, le Maire a de nouveau changé. Henri Marcou a consacré de longs moments au montage juridique et financier du Conservatoire lorsqu’il était premier adjoint aux Finances. Il occupe désormais le fauteuil de premier magistrat.
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